René Cahen nous a quittés...


LA LETTRE DE JEAN MACÉ

Numéro spécial

Lettre d’information de la Fédération de la Moselle
de la Ligue de l’Enseignement (FOL 57) et du Cercle Jean Macé de Metz


Clap de fin pour René Cahen

René aurait tant voulu vivre encore un Festival de Cannes… la maladie ne lui aura pas permis d’assister à l’édition 2014…
On trouvera ci-dessous les principaux moments d’une vie largement consacrée à la promotion du Septième Art. René fut véritablement un militant du cinéma !
Mais pas seulement : il a toujours inscrit son action dans l’esprit de l’Éducation populaire. Il ne s’agissait pas uniquement de faire voir des films, il fallait mettre en œuvre une « éducation à l’image », permettre au plus grand nombre de maîtriser les codes de ce langage particulier, de développer ainsi l’esprit critique, de lutter contre les préjugés et les stéréotypes.
Militant du cinéma, militant de l’Éducation populaire, René a toujours aussi œuvré pour la laïcité, condition indispensable d’une véritable liberté de conscience.
Le militantisme de René Cahen, ce n’était pas du Cinéma, c’était le combat de toute une vie ! Un combat qu’il a toujours mené en équipe, veillant à fédérer toutes les énergies, à rechercher une cohérence entre les différentes structures qu’il réunissait.

Son sourire discret, sa manière amicalement critique avec laquelle il concluait nos échanges professionnels ou amicaux, vont beaucoup nous manquer.

Michel SEELIG président du Cercle et
Pierre JULLIEN président de la FOL 57

RENÉ CAHEN   -   FAITS ET DATES

René Cahen est né à Metz le 23 mai 1926. La guerre et l’Occupation conduisent sa famille à gagner le Midi de la France. C’est là, à 18 ans, que René rejoint la Résistance (l’Armée Secrète), et en particulier le maquis de l’Aveyron.
Dès cette époque aussi, la passion de l’engagement associatif le saisit : il adhère en 1943, à Villefranche de Rouergue, à l’association laïque du scoutisme français : les Éclaireuses et Éclaireurs de France. Il sera ensuite une des chevilles ouvrières de l’organisation à Metz et en Lorraine.

À la Libération, il reprend la gestion du magasin familial, les « Galeries Réunies », qu’il conservera jusqu’en 1992. Cette activité professionnelle le conduit à devenir délégué consulaire à la CCI et responsable d’un syndicat professionnel. C’est à ce titre d’abord qu’il entame un long compagnonnage avec la Caisse d’Allocations Familiales où il sera, membre du Conseil d’Administration et du Bureau, un des initiateurs du développement de l’accueil périscolaire.

En 1947 également, il participe à la création de la MJC de Metz-Centre (aujourd’hui Saint-Marcel), et en assure la présidence durant vingt ans. Jusqu’à son décès il est Président d’honneur de cette MJC, membre du CA et du Bureau de la Fédération départementale.

L’engagement associatif, le souci de l’Éducation populaire, et bien entendu le cinéma, conduisent René à venir très tôt jouer un rôle essentiel à la Fédération des Œuvres Laïques de la Moselle. Il en est vice-président chargé du « secteur  animation et culture ». Avec une conception très large et très moderne de la culture : dès 1953, il crée et anime des stages au centre de Xonrupt, où ski, culture et cinéma font bon ménage.
René est aussi un membre fondateur du Cercle Jean Macé dont il est vice-président d’honneur.

« Le père des mouvements cinéphiles à Metz et en Moselle » … Il est impossible ici de tout relater, de citer toutes les structures qu’il a contribué à créer et à faire vivre … CINÉ 35, CINÉ ART, CINÉ REGARDS (Entente de programmation de cinémas d’Art et d’Essai)…
Au sein de la Ligue de l’enseignement, il participe au cinéma itinérant avec le CRAVLOR, il suit les opérations École et Cinéma, Collège au cinéma, Lycéens au cinéma. Il est membre de la Mission nationale cinéma de la Ligue.
À Fameck, il a été Vice-Président de la Cité Sociale où fut créé en 1989 le Festival du film arabe. Ce festival, foyer de rencontres culturelles au service de la paix est aujourd’hui orphelin d’un de ses principaux artisans.


Distingué déjà à diverses reprises par les ministères de la Jeunesse et des Sports et de l’Éducation nationale, il avait eu la joie, l’an passé, de recevoir des mains de Madame Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, les insignes de Chevalier des Arts et Lettres.

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